News écrite par
fookooflakman
Sorti fin 2008, cet album était très attendu. C'est pas que nous sommes chauvins mais quand même.
Mr Oizo est français, et il représente admirablement la scène actuelle. Vous voyez toute la clique
Ed Banger avec ses sons saturés ou breakés ? Hé bien il n'est pas étranger à leur succès, loin de là.
Mêlant avec dextérité des sons electro avec des beats hip-hop (ou l'inverse),
Quentin Dupieux de son véritable nom, est anticoformiste. Et pas seulement avec son look qui évoque un mélange entre
DJ Falcon et
Sebastien Tellier. C'est difficile à expliquer mais il est à la fois un artiste majeur et un énergumène qui aborde visiblement la musique (et le cinéma aussi) avec décalage et un goût certain pour l'auto-dérision.
Petit historique pour les retardataires :
"Flat Beat" avec la marionnette Flat Eric en 1999, succès mondial. Puis
"Analog Worms Attack" marque cette même année de son hip-hop anesthésié. Album respecté mais mais demi-succès. Puis en 2005, avec
"Half a Scissor", Mr Oizo revient en force et met tout le monde d'accord : il est alors playlisté par les plus grands, grâce à ses sons electro-disco-hip-hop technoïdes complètement barrés. On peut aussi y voir comme un album préfigurant le raz-de-marée qui suivra avec les artistes du style
Sebastian,
DJ Feadz...
Et il remet donc ça en cette fin 2008 (bonne année au fait ! ) pour remettre les pendules à l'heure. Le maître incontesté, c'est lui et lui seul. Les morceaux intitulés
Pourriture ou
Positif sont dévastateurs (testé et approuvé) et complètement 2nd degré, tout comme
Bruce Willis is dead (c'est une blague, rassurez-vous on aura peut-être droit à Die Hard 5). Dans le lot des 17 morceaux (!) qui composent cet album, on a également du funky ou de la cool attitude avec
Cut Dick et
JO, du son avec une grosse atmosphère pesante avec
Hun,
W ou
Blind Concerto, ou bien de la Oizo touch avec
Z ou
Gay Dentists.
Two takes it renvoie tout de suite à ses productions d'avec
Uffie, qui pose d'ailleurs sa voix sur
Steroïds, sauf que là c'est Carmen Castro qui s'y colle, avec un soupçon de disco attitude en plus. Et puis on peut noter aussi deux curiosités avec le morceau
Lambs Anger (titre de l'album), une sorte de collages d'expérimentations sonores, et la poésie de
Lars Von Sen qui sort d'un esprit dérangé.
A l'écoute de cet album, on ne peut être que ravi tant les morceaux sont efficaces et bien dans la veine de ce qu'on connaît de Mr Oizo. Cependant, d'autres pouvaient s'attendre à quelque chose de plus avant-gardiste, au regard de ses albums précédents. Personnellement, je m'en moque et j'adhère.
Je concluerai donc tout simplement en vous disant que "
vous êtes des animaux, vous allez crever".
Mr Oizo "Lambs Anger" en écoute sur Nuloop
(validé par fookooflakman)