Interview ==> Timid Boy (FR)

04/04/2012    kidkey69    interviews   

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Damien Almira aka Timid Boy nous a donné quelques minutes de son précieux temps afin de faire un point sur sa carrière, son label et sur la vision qu'il porte sur les musiques électroniques. Nous le remercions d'avoir jouer le jeu et de s'être rendu disponible pour notre plus grand plaisir.



Clubxtrem) Bonjour Damien, merci d'avoir accepté cette interview. Il y a une dizaine de jours nous avons eu le plaisir d'assister à ta prestation derrière les platines de la plateforme pour la soirée "This is not the end", j'espère que tu en gardes un bon souvenir et que nous aurons la chance de te revoir bientôt parmi nous.

Clair j'espère revenir bientôt sur Lyon - normalement je dois revenir cet été d'ailleurs - car je me suis vraiment régalé ! Cette soirée était top, le public était à bloc, cela sentait l'électricité, c'était génial. C'est vraiment un régal pour un dj de jouer devant un tel public. Après mon set aussi j'ai passé une super soirée, Dusty Kid était mortel. Une soirée top.



Clubxtrem) En plus d'être un producteur de talent, tu es également deejay et surtout boss du label Time Has Changed. Comment arrives-tu à gérer toutes ces casquettes qui sont certes complémentaires mais qui demandent des qualités bien différentes ?

Tout se combine assez naturellement. J'ai commencé par vouloir être dj. J'ai pris une grosse claque en découvrant les raves et la techno dans les années 1990, et j'ai rapidement voulu faire pareil que ces mecs et filles qui me faisaient autant rêver quand ils mixaient. J'ai acheté des platines, puis mes premiers vinyls, petit à petit je me suis mis à mixer en club, d'abord à Montpellier dans les années 1990 - c'est la ville d'où je viens - puis à Paris dans les années 2000. Au fil des années je me suis forgé une bonne réputation, notamment en devenant en 2003 résident des soirées BPitch Control avec Ellen Allien au Rex Club. Mais au bout d'un moment, j'ai réalisé que je devais vraiment sortir des tracks si je souhaitais progresser dans ma carrière de dj. Donc à la fin des années 2000, je me suis mis à faire du son. Mon expérience de dj m'a alors clairement aidé. Le label s'est ajouté aussi à la fin des années 2000, j'aime l'idée d'avoir un espace de liberté pour exprimer la musique que je veux et les artistes que j'aime. C'est du taf, beaucoup de taf, mais cela apporte beaucoup aussi. Humainement notamment. Gérer un label, il y a aussi l'aspect comptabilité, business, communication... plein de trucs un peu chiants mais qui permettent de ne pas faire que de la musique. Etrangement cela permet de m'aérer la tête, et de revenir la tête plus fraiche quand je me remets à faire du son. Tout se complète bien : quand je sature sur un track que je compose, je switche en mode dj et je vais checker des nouveautés et des promos, quand je sature de ça je passe à la gestion du label, aux écoutes de nouvelles démos, puis je repasse à la compo du morceau... Tout se complète bien !



Clubxtrem) Revenons à ton label Time Has Changed. Il tourne essentiellement autour de la deep house / tech-house, comment t'es venue l'idée de monter ce label ? Parce que ce n'est pas un label lambda, lorsqu'on écoute son catalogue et les artistes signés, cela envoie tout de même du lourd.

Ha ha ! Merci !!! Le label a été créé avec Acumen qui maintenant s'est un peu mis en retrait. J'avais envie de faire mon propre truc, de pouvoir sortir ce que je veux et quand je veux, c'est un espace de liberté très important. Et puis l'idée de monter une petite famille d'artistes est excitante. C'est un chouette projet.



Clubxtrem) D'ailleurs lorsque tu signes des artistes, c'est plutôt toi qui les contactes en leur proposant une collaboration ou ce sont des artistes qui t'envoient leur prods ? C'est un peu des deux je pense mais quelle en est la proportion ?

C'est moitié moitié... Notre récente sortie, l'excellent parisien Rémi de Montsabert, est un dj que je connais et suis depuis longtemps et qui m'envoyait des démos depuis plusieurs mois, on a développé un chouette rapport, et cela aboutit à ce premier maxi remixé par Ross Evana et à un second à venir à la rentrée... Si je prends Carlo Lio avec qui j'ai fait un track, c'est lui qui était venu vers moi car il aimait ma musique et voulait me signer sur son label. Je me suis donc senti à l'aise pour lui proposer une collaboration. J'adorais des tracks de Francesco Assenza, Basti Pieper ou Los Suruba, on les a donc contactés pour leur proposer de bosser avec nous, et ils ont dit oui...



Clubxtrem) Afin de connaître un peu mieux ton parcours, nous aimerions savoir quel a été le chemin qui t'a amené derrière les platines et à te lancer dans la production. Quels sont les artistes qui t'ont influencé et les disques qui ont marqué ton parcours de deejay et/ou de journaliste musical ?

Comme je l'expliquais un peu plus haut, je viens vraiment des raves des années 1990, dans le Sud à Montpellier, c'est vraiment cette ambiance qui m'a marqué alors que j'étais encore ado. Les premiers artistes à m'avoir marqué sont clairement Jeff Mills, Richie Hawtin, Plastikman, Aphex Twin et Derrick Carter en house... J'ai adoré la techno américaine façon Damon Wild, la hardhouse de Sneak, la gangsta house de Dance Mania, puis la génération berlinoise école BPitch pour citer quelques exemples...



Clubxtrem) D'ailleurs tu as exercé pendant de nombreuses années ce métier de journaliste musical, quel regard portes-tu sur l'évolution de la scène électro depuis 10 ans, à Paris, en France ou à l'étranger et notamment de l'émergence de cette soi-disante "mecque" de l'électro, Berlin ?

Je ne me suis pas musicalement trop éclaté dans la première partie des années 2000, ce que l'on appelle parfois à tord, parfois à raison, la minimale, ne m'a pas vraiment passionné. Il y a des gens fantastiques issus de cette génération comme les artistes du label Playhouse, Perlon, les débuts d'Audion, certains Minus, mais il y a eu vraiment des choses pas marrantes et ennuyantes, le retour de l'electro avec l'electroclash était un peu grossier et sans intérêt aussi... Bref cela va mieux pour moi depuis la fin des années 2000, avec le renouveau house et tech house, avec le rapprochement des BPM - la techno a ralenti sa cadence - ce qui est assez excitant pour un dj puisque dans un même set on peut passer de la deep house à la tech house, et donc d'avoir un large panel dans les émotions à transmettre et les histoires à raconter comme dj, et cela me plaît beaucoup. Quant à Berlin, cette ville a été essentielle pour la techno - et pour les cultures alternatives - depuis la chute du mur. C'est une ville fantastique, très cool à vivre, pas très chère comparée aux autres capitales occidentales, très dynamiques culturellement et pour la techno aussi. Berlin est devenue à la mode dans les années 2000, et c'est compréhensible pour les raisons que je viens d'évoquer. Mais il serait stupide de croire qu'un mec qui vient de Berlin est meilleur dj qu'un autre du seul fait qu'il vient de cette ville. Ca, c'est faux, il y a beaucoup de mauvaises musiques à Berlin. Mais comme il y en a beaucoup de bonnes, cela suffit pour ne retenir que ce seul aspect.



Clubxtrem) Je m'interesse beaucoup aux nouvelles technologies ou à la manière de travailler des artistes dans leur home studio. J'aimerais savoir comment est organisé le tien. Sans nous dévoiler tous tes secrets, mais quel matériel utilises-tu, VST, Hardware, ton système d'écoute ? Ton séquenceur, Live, Cubase ou Logic ? D'ailleurs ne trouves-tu pas qu'actuellement c'est un peu la course à qui aura le dernier VST, je trouve que le matériel prend le pas sur les artistes, ils en deviennent esclave et ils en perdent tout feeling...

J'utilise Live avec un contrôleur chez moi pour l'essentiel et un micro pour les voix ou enregistrer des sons. J'ai la chance d'avoir un ami qui habite à 100 mètres de chez moi, qui a plein de vieilles machines hardware, des vieux synthés comme le classique Juno 106, ou des boites à rythme comme la TR808... Je vais de temps en temps chez lui avec mon ordi et je me fais des sessions d'enregistrement, puis je reviens chez moi et à partir de cela, je démarre de nouveau morceaux à partir de ces grains analogiques. Après, je ne suis pas un geek, donc je n'ai pas une grande passion pour tout ce qui tient à la technique et au VST, cela ne m'intéresse pas en soit, c'est juste un moyen de véhiculer des émotions, et c'est uniquement cela qui m'intéresse. Mais après chacun son truc, à chacun sa config, il n'y a pas de règles, il faut juste être à l'aise dans son studio...

Clubxtrem) Dernièrement est sorti "The Ghost of Friday EP" sur ton label (le 27/02/2012) et surtout fin 2011 une très belle compil', "Goodbye 2011". J'espère qu'il y aura un "Goodbye 2012" mais surtout quel est ton programme pour les semaines à venir, de grosses pointures sur ton label ?

Pas mal de belles choses arrivent avec notamment le jeune français Julien Piacentino remixé par Ronan Portella, puis le jeune barcelonais Lee Webster remixé par Jeff K ou un maxi de moi-même remixé par Barem !!! Et oui, on fera forcément un "Goodbye 2012" à la fin de l'année !



Clubxtrem) Cette interview touche à sa fin, nous te remercions pour ta disponibilité et je te laisse le mot de la fin, en espérant te revoir bientôt sur nos terres lyonnaises.

Continuez à danser !!!!

Sites relatifs à Timid Boy : Facebook, Soundcloud.



dj_sacha
Membre
Posté le 20/04/2012 à 23h06par dj_sacha
Inscrit le 29/04/2002

Envois : 254
Il a joué à Bourges en mars 2011 aux côtés de Technasia et Miss Molly.
L’article m’a permis d’en apprendre un peu plus sur lui.

En revanche, vous ne l’avez pas questionné sur ses activités journalistiques (France Inter / Tsugi).


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